Communiqué de soutien de l’intersyndicale 86

, par  Solidaires86 , popularité : 20%

Contre la pénalisation des mouvements sociaux : levée des sanctions et arrêt des poursuites à l’égard de Gilles Frapper.

L’Intersyndicale de la Vienne dénonce la criminalisation du mouvement social et de l’action
syndicale. Le droit de grève, les droits syndicaux et les libertés publiques ne sont pas
négociables, ils sont inscrits dans la Constitution. Aujourd’hui, c’est un militant de SUD-Éducation
et recherche 86/Solidaires 86 qui en est victime, à l’issue de son implication dans le mouvement
social opposé à la contre-réforme des retraites, à laquelle 71 % des Français sont hostiles selon
les sondages.

En effet, Gilles Frapper a été convoqué au commissariat de police de Poitiers le lundi 8 novembre
dernier. Il a été auditionné à deux reprises, par deux fonctionnaires de police, sur deux faits
différents. Dans un premier temps, il s’est vu dresser une amende de 22€, avec perte de deux
points sur son permis de conduire, pour avoir utilisé le téléphone au volant de son véhicule
(converti pour l’occasion en « sonomobile » Solidaires) lors d’une action à l’hypermarché Géant
Casino le 20 octobre - alors qu’il roulait à 5-10km/h sur une voie bloquée par la police.

La
deuxième audition concernait sa participation à l’action collective du 26 octobre « Ralentissement
de l’économie » à la zone commerciale Poitiers-Sud, décidée par l’intersyndicale 86. Gilles a été le
seul convoqué des 130 participants à cette action, le seul convoqué des conducteurs de véhicules
syndicaux qui y ont participé suivant les modalités décidées par les membres présents de
l’intersyndicale 86.
À l’issue de l’interrogatoire, le policier a informé notre camarade de la sanction qu’il encourait pour
« entrave à la circulation » : 2 ans de prison, 4500 € d’amende, 6 points en moins.

Nous dénonçons ces attaques portées aujourd’hui à Poitiers à l’Union syndicale Solidaires au
travers de l’action de ses militants. Nous estimons que c’est une mise en cause délibérée de la
légitimité de l’action syndicale doublée d’une tentative d’intimidation des militants.

L’Union syndicale Solidaires 86, ainsi que d’autres syndicats, ont appelé à un rassemblement de
soutien qui a réuni plus de 150 personnes issues de tous les organisations syndicales et de
différentes associations, jeudi 18 novembre à 17 h 30, devant la préfecture. Le Préfet a refusé de
recevoir la délégation intersyndicale. Par voie médiatique, il justifie son refus d’audience au
prétexte que « le droit de manifester ne signifie pas le droit de bloquer l’activité économique »,
faisant fi que le sens premier du mot "grève" est bien la perturbation des moyens de production,
afin d’appuyer les revendications des salariés.

L’intersyndicale 86 appelle l’ensemble des citoyens à un rassemblement devant le Palais de
Justice de Poitiers, Jeudi 25 novembre dès 17 h 30, afin de protester contre cette répression
arbitraire et exiger la levée immédiate des sanctions et de toute éventuelle poursuite à l’encontre
de Gilles Frapper, militant syndical.

Premières organisations syndicales signataires (par ordre alphabétique) : CGT - CFTC - CNT - Confédération Paysanne - FSU - Solidaires - Unsa -

Poitiers mardi 23 novembre 2010

RASSEMBLEMENT Jeudi 25 novembre 17h30 Devant le Palais de Justice de Poitiers